Jeudi 15/05/2025
Étudiant à Paris, j’avais beau avoir mes amis avec qui nous menions belle vie, j’aimais tout de même les activités solitaires que m’offrait la capitale. J’arpentais les quartiers un à un, à l’affût du moindre détail insolite ou qui appelait à la réflexion historique, sociale, architecturale, j’allais à tous les cours possibles, ceux auxquels j’étais régulièrement inscrits, en littérature et en histoire de l’art à la Sorbonne, mais aussi à d’autres qui ne faisaient qu’entretenir sans l’étancher ma soif d’apprendre : les cours de l’École du Louvre, ceux de Nahuatl aux Langues Orientales, les séminaires du Collège de France, très régulièrement, diverses conférences… Et puis j’aimais les bibliothèques, j’y passais du temps, à n’importe quelle heure. La bibliothèque de la Cité Universitaire était ouverte jusqu’à vingt-deux heures, je gambadais de livre en livre, un peu pour mes études, beaucoup pour le plaisir de papillonner ; Beaubourg était populeuse, mais avec un accès libre à un nombre d’ouvrages faramineux, j’y voyageais à l’infini ; la bibliothèque de la Sorbonne ou la bibliothèque Sainte Geneviève étaient impressionnantes avec leur décor, leurs velours, leurs boiseries, leurs ors ou leurs fontes, et leurs trésors livresques, le sérieux de l’atmosphère et des ouvrages reliés cuirs qu’elles proposaient, et que dire de la petite bibliothèque Jacques Doucet où le portrait de Jeanne Duval par Baudelaire me faisait de l’œil pendant que je faisais mes recherches. Cette vie n’est pas révolue, elle est toujours en moi, et je revis ces instants dès que je suis à Paris, ou dans ma bonne ville qui possède aussi de belles bibliothèques et des occasions d’apprendre innombrables.
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