Jeudi 06/02/2025
Le soleil de ces jours-ci, et la discussion avec un archéologue pendant notre cours de swing d’hier soir, m’ont replongé une bonne quarantaine d’années en arrière. C’était dans le Var, nous campions chez des amis à environ vingt kilomètres de chez nous. Dans la plaine, non loin, se déroulaient des fouilles archéologiques (le lieu est à présent assez connu, les vestiges sont encore visibles et aménagés). Encouragé par ma mère, j’allais y faire un tour en demandant si je pouvais aider à quelque chose. On me mit au dégagement d’un tas de tuiles romaines conséquent, ce qui me ravissait, mais semblait laisser de marbre les professionnels. Et là, toute la journée, je grattais, je dégageais, je déblayais, et le passé ressuscitait sous mes doigts, dans cette terre noire et sèche. Je me souviens qu’il faisait chaud, mais on oubliait le temps, obnubilés que nous étions par l’envie de mettre au jour quelque chose, même d’indéterminé, même d’inutile, mais quelque chose de surgi des temps anciens, comme pour les abolir. L’archéologie crée ce raccourci vertigineux entre le présent de la fouille et l’indéfinissable passé qui remonte à la surface sous la pioche. Ce vertige temporel est probablement ce qui est le plus passionnant dans cette science humaine.
Vendredi 07/02/2025
Petite tension intérieure, ce matin, en montant dans le train : je me suis aperçu que je n’avais pas renouvelé mon abonnement au train depuis hier. Je suis donc en infraction pour un jour, et de manière totalement involontaire. Mais ce petit pincement, cette crainte d’être pris en faute… tout ceci est assez excitant. On a l’œil qui furète partout pour vérifier qu’il n’y ait pas de contrôleur, on se sent hors-la-loi… Cette impression, avec les sentiments qui en naissent, me semble stimulante. On est déstabilisé et on essaie d’anticiper la manière de retrouver l’équilibre, on est sur le point d’être pris en faute et l’on se projette dans l’avenir, pour éviter ce genre de situation, on essaie d’apprivoiser l’émotion, on réfléchit à la relativité des choses et on remet à sa juste place ce dont on se faisait une montagne. On apprend le stoïcisme, et ce n’est pas la pire des mésaventures.
Lundi 24/02/2025
Retour de vacances, retours de séjours pleins et riches. Quelques jours au ski, d’abord, avec mes deux filles, quelques jours d’activité physique en altitude, de vitesse sur les pistes, de paysages grandioses, de découvertes de recoins cachés entre deux hauteurs, derrière un épaulement, un bois. Et puis le côté douillet du retour au logement, au chaud, à rire et profiter de notre simple présence, ensemble. Au milieu des flocons, entre une fondue et une crêpe avec un vin chaud, ce fut un moment de plaisir doux mais intense. La suite fut tout aussi gastronomique et jouissive : une semaine à Malaga, entre culture et plage, régals locaux et bodegas. C’est le genre de séjour positif sur tous les plans : on reste installé dans un lieu fixe et pratique, dans une ville aux multiples attraits, le temps s’écoule à notre rythme, on ne fait que profiter des choses, sans contraintes. Les yeux s’ouvrent, les papilles frétillent, le corps et l’esprit marchent à l’unisson sous un ciel clément et dans une nature accueillante. Le Bonheur !
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