dimanche 20 avril 2025

 

Vendredi 28/02/2025


Retour d’un séjour à Paris avec les élèves… l’état d’épuisement physique est total, quant au moral, c’est contrasté. On est partagé entre la joie et le plaisir d’avoir fait découvrir les richesses culturelles de la capitale à des élèves qui en sont globalement sevrés, et l’abattement devant l’inconséquence des enfants de quatorze ans, de ce que leurs parents leur laissent penser : qu’ils sont des êtres autonomes, donc libres de faire absolument ce qu’ils veulent, qu’ils en savent plus que les adultes qui les encadrent, qu’ils seront capables de se sortir de toutes les situations… Or, ce n’est pas la réalité et les parents qui pensent les autonomiser assez tôt n’imaginent pas à quel point ils ne leur rendent pas service. Et toute la société est ainsi à l’avenant...




Lundi 03/03/2025


En même temps que notre grande fille de presque vingt-cinq ans s’installe pour faire sa vie à Paris, elle ne cesse de nous envoyer des signes que la coupure avec sa vie d’enfant est difficile. Là, ce sont les vacances d’hiver passées avec sa sœur et moi, ici, c’est une chanson sur « la famille », ou encore des messages incessants sur les réseaux sociaux. On fait des enfants, on les aime, on a une vie fusionnelle avec eux, mais notre souhait le plus cher est qu’ils puissent être autonomes quand ils seront adultes. Or, cette autonomie suppose un éloignement, une séparation, et lorsqu’on a eu une vie familiale harmonieuse et agréable, cette séparation est évidemment vécue comme quelque chose de douloureux, en même temps qu’elle émancipe, rend libre. Quel moment difficile, contradictoire, écartelant ! Et comme je comprends ma fille, si fière et impatiente de construire sa propre vie, et si chamboulée d’abandonner la douceur de la famille, la douceur de l’enfance ! L’émotion qui l’étreint n’est certainement pas moins grande que celle qui nous étreint aussi, nous, parents. Mais ces douces douleurs sont le sel de la vie, et les accepter c’est grandir, même pour nous.




Mardi 04/03/2025


Peut-être ai-je déjà écrit sur le même sujet depuis une centaine de jours que je rédige ces quelques lignes, mais si ce n’est pas le cas, je vais aborder un sujet qui m’est revenu en mémoire en me lavant les dents ce matin. Lorsque mon père a été rappelé à la maison d’enfants de Beauvallon, à Dieulefit, au début des années 1970, nous avons vécu dans des lieux souvent inadaptés à la famille qui commençait à être nombreuse : arrière d’un bâtiment administratif, immense bâtisse des années 50 appelée « le Belvédère », puis nous avons trouvé un logement qui convenait plus à un couple ayant trois enfants, petits. Il s’agissait d’une ancienne maison forte devenue ferme. Nous logions à l’entresol et au premier étage de la tour, la propriétaire habitait un grand logement formant une extrémité de la cour. Il y avait un atelier et des logements de potiers dans le reste. Je me souviens de ma fascination pour le tour, l’argile montant entre les doigts du potier, le fil permettant de détacher les œuvres du tour. Je me souviens aussi de la fois où la propriétaire, à moitié fermière, avait pendu un lapin à une branche, l’avait estourbi, puis lui avait planté un couteau dans les yeux et la gorge, avant de littéralement le déshabiller de sa toison. C’était horrible, mais j’étais subjugué.

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