mardi 13 mai 2025

 

Mardi 13/05/2025


Peu inspiré aujourd’hui… le « souffle » est un peu court, l’inspiration étique. Nous avons été réveillés, ce matin, par une secousse sismique. Parler d’un tremblement de terre serait exagéré, le niveau 3 n’étant pas suffisant pour faire réellement des dégâts. Mais cela a suffi pour rappeler à quel point nous ne maîtrisons pas notre environnement, même si nous l’influençons parfois, et à quel point nous devrions apprendre à nous adapter à lui. Au lieu de cela nous poursuivons depuis des siècles le rêve de nous « rendre maîtres et possesseurs de la nature ». Même en mettant de côté notre prétention à tout asservir, comment en sommes-nous encore à nous battre sans cesse entre nous pour des raisons qu’on aurait bien du mal à trouver ?… Les relations entre individus, entre groupes, entre peuples sont évidemment complexes et la préservation des intérêts des uns et des autres mènent parfois à des conflits, mais il est toujours étonnant de se dire qu’après quelques millions d’années de vie sociale, nous en sommes toujours à imaginer les moyens d’éliminer l’autre, ce qui peut légitimement apparaître comme la pire action envers ses congénères. Au lieu de cela, toute notre énergie ne devrait-elle pas concerner notre rapport à l’environnement, le seul objet de réflexion digne d’intérêt ? La nature et ses terribles cataclysmes devrait nous apprendre à tout relativiser et à nous comporter enfin en adultes.

lundi 12 mai 2025

 

Lundi 12/05/2025


Une petite rencontre avec Thomas, à la sortie du cimetière que je traverse parfois pour rejoindre la gare. Thomas est photographe et il a toujours mille projets en route. Il collait d’immenses photos de statues funéraires sur les murs extérieurs de notre nécropole municipale. Thomas crée sans cesse, intervient auprès d’associations, dans des établissements scolaires, trouve toujours une inspiration pour avancer dans son travail. Et puis il est gentil ! C’est l’incarnation même de ce que, selon moi, devrait être un artiste : le cerveau en ébullition, des idées qui fourmillent, une activité créatrice incessante, le bonheur… Pour ma part, je ressens aussi ce besoin de « faire » au sens grec du terme, de « fabriquer », « créer », « faire parvenir à l’existence », il me manque le temps, la disponibilité pour pouvoir suivre toutes les pistes qui se bousculent dans mon esprit. Et cela sans regretter une seconde mon métier d’enseignant qui ne m’apporte que plaisir et satisfaction. Comme beaucoup de monde, il me faudrait deux vies, des journées de quarante-huit heures, pour pouvoir tout faire. Mais à présent, le train revient en gare, et j’ai hâte de voir le travail de Thomas achevé.

vendredi 9 mai 2025

mercredi 7 mai 2025

 

Mercredi 07/05/2025


Puis ils sortirent de leur hébétude. « Je suis d’accord déclara Léa, après tout, nous n’avons que trois heures de cours aujourd’hui, et c’est une correction d’évaluation. » Ils se mirent en route pour l’extrémité de la ville, là où la muraille leur semblait la plus proche. Ils marchèrent un temps conséquent, se perdant en conjectures sur les raisons d’une telle apparition. Ils convoquèrent les hypothèses les plus diverses. La situation internationale était tendue, mais pas plus que d’habitude, le nouveau premier ministre était un mou velléitaire, soucieux de son image, mais peu enclin à des dépenses somptuaires ou révolutionnaires. Il n’y avait aucune tension intérieure qui justifiât un tel mur, et pour se protéger de quoi ? Non, ils n’y comprenaient rien. Ils arrivèrent bientôt au pied de la muraille, qui s’élevait en ces lieux à une hauteur prodigieuse. Ils eurent beau examiner la construction sur une longueur considérable, ils ne trouvèrent aucune porte, aucune issue, aucune fenêtre, aucune ouverture. Il n’y avait aucune aspérité pour escalader. Après une exploration ayant duré une bonne partie de la journée, ils arrivèrent à un endroit où la muraille perdait un peu de sa hauteur. De grands arbres voisins permettaient d’imaginer un accès au sommet du mur. Quelques heures furent encore nécessaire pour y grimper. Les quatre jeunes gens se juchèrent sur la crête, déposèrent leurs sacs, observèrent et ne purent croire ce qui s’offrait à leur vue : un second mur absolument identique au leur s’élevait face à eux, derrière lequel s’étendait une ville, mais une ville qui était l’exact calque de la leur, au monument près, à la rue près. Et sur le mur d’en face se tenaient quatre adolescents, deux filles et deux garçons, ayant déposé leurs sacs de cours de la même manière qu’ils l’avaient fait. La nuit tomba.

mardi 6 mai 2025

 

Mardi 06/05/2025


Un petit exercice de fiction aujourd’hui, ça repose l’esprit et c’est plaisant…


Le réveil se mit à sonner, Léa ouvrit un œil, bientôt suivie de son frère Sigfried. Dans la même rue, d’autres fenêtres s’allumaient, au même instant, donnant aux façades un air de mosaïques bariolées dans la pénombre du petit matin. Léa et Sigfried étaient lycéens, dans des niveaux de classe différents. Lorsqu’ils sortirent de chez eux à l’heure habituelle, ils se rendirent compte que quelque chose avait changé depuis la veille, mais il était difficile de savoir quoi. Ils s’engagèrent dans la rue de ce centre-ville un peu poussiéreux, la suivirent comme à l’accoutumée pendant dix minutes environ. Ils arrivèrent sur la grande place où ils furent rejoints par leurs amis Melchior et Saana. Quelque chose assombrissait l’horizon, mais quoi ? Ils poursuivirent leur route jusqu’à la rivière, et là, au-delà des arbres de la rive opposée, ils aperçurent ce qui avait changé : un mur, ou plutôt une muraille colossale se dressait au loin, semblant encercler la ville. Quel prodige avait pu avoir lieu cette nuit ? Comment un tel édifice avait-il pu être construit aussi vite, et dans quel but ? Ils se regardèrent, interdits. Puis Melchior prit la parole : « Et si nous allions voir de quoi il s’agit ? »  Ses compagnons semblaient ne pas avoir entendu.


Pour une fois, il me faudra poursuivre demain...

lundi 5 mai 2025

 

Lundi 05/05/2025


Samedi soir nous sommes allés à un soirée « swing », une danse à laquelle nous nous sommes initiés avec Mag depuis quelques années. Mon rapport à la danse a toujours été compliqué, non pas que je n’aime pas me mouvoir en rythme, bouger mon corps en suivant un tempo, mais parce que la mise en scène que suppose la danse, le plus souvent en compagnie d’autres personnes, voire en suivant une chorégraphie collective, m’a longtemps inhibé, mis mal à l’aise, jusqu’à avoir la phobie des soirées dansantes. Mais ce fut dans ma grande adolescence, et ma mère en ressentait une fierté profonde et extériorisée, que je me suis autorisé à bouger sur de la musique. Comme mon corps n’a jamais été réfractaire à l’exercice physique, j’avais l’habitude de maîtriser avec plus ou moins d’essais préalables, gestes et mouvements, ce qui n’empêchait pas l’appréhension du regard d’autrui et la gêne persistante à me trémousser en cadence. Mais peu à peu, l’âge adulte arrivant, on se contrôle, on se désinhibe, on a plus confiance en soi. Et aujourd’hui j’ai suivi mon épouse dans cette aventure du swing, encore assez peu confiant dans ma technique, connaissant le temps que cela me prend pour acquérir un geste, une passe, un enchaînement, mais sachant « me lâcher » s’il le faut et prendre plaisir à me contraindre. Que ce soit par le sport ou la danse, plier son organisme à une discipline qui fait ressentir chaque parcelle de son corps permet de se sentir en accord avec son environnement, de percevoir dans sa chair des liens étroits avec l’univers.

vendredi 2 mai 2025

 

Vendredi 02/05/2025


Le joli mois de mai… Hier étant férié, c’était la ruée vers les plages, par grand soleil et belle chaleur. Nous avions prévu d’aller aux Saintes-Maries-de-la-Mer, et nous n’étions pas les seuls : une foule de voitures créait des ralentissements, voire un bouchon, sur de nombreux kilomètres pour accéder à la ville de Sainte Sara. Nous décidâmes alors de bifurquer le long du Vaccarès et de nous rendre à Salin-de-Giraud. La route était libre, mais les abords de la plage de Piémanson étaient bien peuplés. Qu’importe ! Les lieux sont vastes, nous nous installâmes tranquillement à proximité des flots. Et ce fut comme un bain de jouvence ! Je retrouvais les sensations de tous mes étés depuis mon plus jeune âge : la chaleur était exactement au niveau de ce qui est supportable, en restant agréable, mais en exerçant juste ce qu’il fallait de cette légère morsure sur la peau qui rend la sensation délicieuse ; la mer était fraîche mais créait, lorsqu’on y pénétrait, le petit choc thermique correspondant parfaitement à l’attente, puis enveloppait le corps de son fluide léger quand on y flottait. Nous y passâmes des heures qui semblèrent des minutes, entre terre, ciel et eau, à papoter, lire, écrire, ne rien faire. Il semblait que tout était à l’unisson, en harmonie totale.


Jeudi 03/07/2025 Après quelques jours d’infidélité, je retrouve le train, et cela pour la dernière fois cette année. Ces quelques lign...