lundi 19 mai 2025

 

Lundi 19/05/2025


Lorsque j’étais petit, nous allions écouter des concerts de musique classique avec ma mère. C’était toute une cérémonie : on s’habillait « bien », on laissait le reste de la famille à la maison et on partait « en ville », principalement à Dieulefit, et le plus souvent au temple protestant. Ma mère devait se dire qu’elle formait mes oreilles ainsi, et c’était assez vrai. « Assez » car il arrivait fréquemment que dans la soirée je m’allongeasse sur le banc de bois, inconfortable, du lieu de culte, et que Morphée vînt me chercher. Mais en réalité, cette entrée dans le sommeil lors d’un concert n’a jamais été une chute brutale, elle a toujours été progressive et en lien étroit avec la musique écoutée. Celle-ci, surtout chez Bach, semblait former dans mon esprit des architectures, des fulgurances visuelles qui s’accrochaient les unes aux autres pour s’élancer haut dans un espace fictif, abstrait, c’était des explosions de couleurs qui se répondaient ou se suivaient, des marches qui s’élevaient en cadence vers un lointain sans cesse repoussé… Aujourd’hui je me plonge avec délectation dans ces univers fantastiques qui, dans mon enfance, devenaient le berceau accueillant mon sommeil bienheureux.

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