vendredi 9 mai 2025

mercredi 7 mai 2025

 

Mercredi 07/05/2025


Puis ils sortirent de leur hébétude. « Je suis d’accord déclara Léa, après tout, nous n’avons que trois heures de cours aujourd’hui, et c’est une correction d’évaluation. » Ils se mirent en route pour l’extrémité de la ville, là où la muraille leur semblait la plus proche. Ils marchèrent un temps conséquent, se perdant en conjectures sur les raisons d’une telle apparition. Ils convoquèrent les hypothèses les plus diverses. La situation internationale était tendue, mais pas plus que d’habitude, le nouveau premier ministre était un mou velléitaire, soucieux de son image, mais peu enclin à des dépenses somptuaires ou révolutionnaires. Il n’y avait aucune tension intérieure qui justifiât un tel mur, et pour se protéger de quoi ? Non, ils n’y comprenaient rien. Ils arrivèrent bientôt au pied de la muraille, qui s’élevait en ces lieux à une hauteur prodigieuse. Ils eurent beau examiner la construction sur une longueur considérable, ils ne trouvèrent aucune porte, aucune issue, aucune fenêtre, aucune ouverture. Il n’y avait aucune aspérité pour escalader. Après une exploration ayant duré une bonne partie de la journée, ils arrivèrent à un endroit où la muraille perdait un peu de sa hauteur. De grands arbres voisins permettaient d’imaginer un accès au sommet du mur. Quelques heures furent encore nécessaire pour y grimper. Les quatre jeunes gens se juchèrent sur la crête, déposèrent leurs sacs, observèrent et ne purent croire ce qui s’offrait à leur vue : un second mur absolument identique au leur s’élevait face à eux, derrière lequel s’étendait une ville, mais une ville qui était l’exact calque de la leur, au monument près, à la rue près. Et sur le mur d’en face se tenaient quatre adolescents, deux filles et deux garçons, ayant déposé leurs sacs de cours de la même manière qu’ils l’avaient fait. La nuit tomba.

mardi 6 mai 2025

 

Mardi 06/05/2025


Un petit exercice de fiction aujourd’hui, ça repose l’esprit et c’est plaisant…


Le réveil se mit à sonner, Léa ouvrit un œil, bientôt suivie de son frère Sigfried. Dans la même rue, d’autres fenêtres s’allumaient, au même instant, donnant aux façades un air de mosaïques bariolées dans la pénombre du petit matin. Léa et Sigfried étaient lycéens, dans des niveaux de classe différents. Lorsqu’ils sortirent de chez eux à l’heure habituelle, ils se rendirent compte que quelque chose avait changé depuis la veille, mais il était difficile de savoir quoi. Ils s’engagèrent dans la rue de ce centre-ville un peu poussiéreux, la suivirent comme à l’accoutumée pendant dix minutes environ. Ils arrivèrent sur la grande place où ils furent rejoints par leurs amis Melchior et Saana. Quelque chose assombrissait l’horizon, mais quoi ? Ils poursuivirent leur route jusqu’à la rivière, et là, au-delà des arbres de la rive opposée, ils aperçurent ce qui avait changé : un mur, ou plutôt une muraille colossale se dressait au loin, semblant encercler la ville. Quel prodige avait pu avoir lieu cette nuit ? Comment un tel édifice avait-il pu être construit aussi vite, et dans quel but ? Ils se regardèrent, interdits. Puis Melchior prit la parole : « Et si nous allions voir de quoi il s’agit ? »  Ses compagnons semblaient ne pas avoir entendu.


Pour une fois, il me faudra poursuivre demain...

lundi 5 mai 2025

 

Lundi 05/05/2025


Samedi soir nous sommes allés à un soirée « swing », une danse à laquelle nous nous sommes initiés avec Mag depuis quelques années. Mon rapport à la danse a toujours été compliqué, non pas que je n’aime pas me mouvoir en rythme, bouger mon corps en suivant un tempo, mais parce que la mise en scène que suppose la danse, le plus souvent en compagnie d’autres personnes, voire en suivant une chorégraphie collective, m’a longtemps inhibé, mis mal à l’aise, jusqu’à avoir la phobie des soirées dansantes. Mais ce fut dans ma grande adolescence, et ma mère en ressentait une fierté profonde et extériorisée, que je me suis autorisé à bouger sur de la musique. Comme mon corps n’a jamais été réfractaire à l’exercice physique, j’avais l’habitude de maîtriser avec plus ou moins d’essais préalables, gestes et mouvements, ce qui n’empêchait pas l’appréhension du regard d’autrui et la gêne persistante à me trémousser en cadence. Mais peu à peu, l’âge adulte arrivant, on se contrôle, on se désinhibe, on a plus confiance en soi. Et aujourd’hui j’ai suivi mon épouse dans cette aventure du swing, encore assez peu confiant dans ma technique, connaissant le temps que cela me prend pour acquérir un geste, une passe, un enchaînement, mais sachant « me lâcher » s’il le faut et prendre plaisir à me contraindre. Que ce soit par le sport ou la danse, plier son organisme à une discipline qui fait ressentir chaque parcelle de son corps permet de se sentir en accord avec son environnement, de percevoir dans sa chair des liens étroits avec l’univers.

vendredi 2 mai 2025

 

Vendredi 02/05/2025


Le joli mois de mai… Hier étant férié, c’était la ruée vers les plages, par grand soleil et belle chaleur. Nous avions prévu d’aller aux Saintes-Maries-de-la-Mer, et nous n’étions pas les seuls : une foule de voitures créait des ralentissements, voire un bouchon, sur de nombreux kilomètres pour accéder à la ville de Sainte Sara. Nous décidâmes alors de bifurquer le long du Vaccarès et de nous rendre à Salin-de-Giraud. La route était libre, mais les abords de la plage de Piémanson étaient bien peuplés. Qu’importe ! Les lieux sont vastes, nous nous installâmes tranquillement à proximité des flots. Et ce fut comme un bain de jouvence ! Je retrouvais les sensations de tous mes étés depuis mon plus jeune âge : la chaleur était exactement au niveau de ce qui est supportable, en restant agréable, mais en exerçant juste ce qu’il fallait de cette légère morsure sur la peau qui rend la sensation délicieuse ; la mer était fraîche mais créait, lorsqu’on y pénétrait, le petit choc thermique correspondant parfaitement à l’attente, puis enveloppait le corps de son fluide léger quand on y flottait. Nous y passâmes des heures qui semblèrent des minutes, entre terre, ciel et eau, à papoter, lire, écrire, ne rien faire. Il semblait que tout était à l’unisson, en harmonie totale.


mercredi 30 avril 2025

 Place au "jour le jour" à présent...

 

Mercredi 30/04/2025


La plus petite de mes filles est majeure depuis presque trois semaines, la grande a bientôt vingt-cinq ans. Dit comme cela on ne peut s’empêcher de se dire qu’on a eu à peine le temps de se retourner et les voilà devenues jeunes femmes, adultes. C’est effrayant, bien sûr, mais c’est un sentiment qui ne s’appuie pas sur la réalité de ce qui a été vécu. En effet, ce quart de siècle qui s’achève a été d’une densité énorme. Voir grandir ses filles accélère certes la perception qu’on a du temps qui passe, mais en contrepartie ce temps qui passe est tellement rempli, plein, riche en émotions, en expériences partagées, en liens indéfectiblement tissés, en partage, en complicité, en connivence que l’impression finale n’est pas celle d’une perte mais celle d’un enrichissement extraordinaire qui a rendu et rend encore la vie belle et intense.

mardi 29 avril 2025

 

C’est aujourd’hui le dernier jour où je présente des « blocs » de plusieurs journées. A présent chaque jour, je n’écrirai que le texte du moment.



Jeudi 24/04/2025


On peut se sentir très bien dans le monde, avoir le sentiment « qu’on est à sa place », c’est à dire que son équilibre intérieur est en adéquation avec un état général de notre univers proche, il n’empêche qu’il est toujours doux et bon de sortir de son environnement familier, d’aller à l’aventure, d’ouvrir les bras et son esprit à la nouveauté et à l’imprévu. Ainsi le voyage, quelle que soit sa forme, est un puissant stimulant pour l’esprit. On part « trouver du nouveau » et pour cela on rêve d’abord, avec plus ou moins d’informations sur les lieux où l’on va, on essaie de s’imaginer, on se représente, on construit un univers mental. Cela constitue déjà un voyage en soi. Et puis il y a le départ physique, l’adaptation sur le moment à des univers qui nous sont étrangers. Et enfin, on revient, « plein d’usage et raison », apprécier nos endroits familiers et imaginer de nouveaux départs. L’habitude de voyager est une pulsation, le battement de tout notre être au monde. Mais il y a d’autres aventures à vivre, au sens étymologique du terme, d’autres façons d’être confronté à l’inconnu, à la nouveauté, d’être agréablement déstabilisé. La fréquentation de l’art est une autre aventure, une confrontation avec l’inattendu, une autre exploration d’un continent nouveau. On est plongé dans un univers totalement recréé, construit de toute pièce par l’esprit humain, aux mécanismes de fonctionnement totalement abolis. Et là encore, le retour au réel rend ce réel plus riche. La lecture enfin constitue un voyage, et un voyage nécessaire pour moi. Il n’y a pas un coucher sans lecture, sans plongée dans l’univers particulier de tel(le) ou tel(le) auteur/trice. La lecture est véritablement un merveilleux voyage, ensorcelant, envoûtant, qui vous fait tout oublier, à l’exception du développement du récit. Un enivrement de l’âme !





Lundi 28/04/2025


Samedi, nous participions à un festival international de swing dans un casino de la Grande Motte. Ce n’est pas que nous soyons d’un niveau à pouvoir nous aligner sur ces centaines de danseurs de classe mondiale, mais c’était l’occasion de voir des prestations extraordinaires, des styles merveilleux, des enchaînements hors du commun. Et puis entre deux « compétitions », nous avons pu pratiquer un peu aussi. Et cela nous a fait le plus grand bien, pour plusieurs raisons. D’abord, pour l’« égo », il est satisfaisant de se dire que nous ne prenons pas des cours depuis de nombreuses années pour rien, que nous sommes capables à présent de danser parmi d’excellents danseurs sans être ridicules… mais sans rivaliser non plus, n’exagérons rien. Ensuite, cela a permis un constat réjouissant : pris dans cette masse d’êtres humains tous venus là pour la même raison, nous avons ressenti une grande allégresse générale, une joie de profiter du même spectacle, de partager une même pratique, quel que soit le niveau…. Et cette joie était visible sur les visages, dans les mouvements des corps. C’est une véritable jouissance morale d’évoluer au milieu de nos semblables sans autre arrière-pensée qu’un plaisir simple, une joie de l’instant, au-delà de la connaissance intellectuelle des individus.





Mardi 29/04/2025


Le peuples, les lieux, les cultures qui nous sont le plus éloignés nous fascinent souvent, au point de faire parfois l’objet d’une véritable fixation. Ainsi, depuis aussi longtemps que je puisse me souvenir, les civilisations précolombiennes, et surtout celles des Andes, m’ont toujours fortement intéressé, et c’est un euphémisme. Il y a d’abord que l’éloignement est triple, pour moi : les Andes sont longtemps restées dans l’histoire totalement inconnues de notre vieux continent ; elles ont longtemps connu un développement original, différent, éloigné de nos critères de « civilisation » ; ensuite, elles sont géographiquement lointaines, une sorte de finistère, de terra presque incognita qui ne peut qu’attirer par son exotisme même ; enfin ce sont des civilisations de haute montagne, voire de très haute montagne, ou de désert aride, ce qui est bien différent du monde méditerranéen qui est le mien, monde doux et partout accueillant. Il se trouve aussi que ces régions sont riches sur le plan archéologique, autre centre d’intérêt majeur pour moi, depuis de nombreuses décennies, et j’ai même fait quelques études sur la question. De ce fait, j’ai pu me familiariser avec un univers complexe, riche, plurimillénaire, exotique au possible et en même temps si proche de nous, si semblable, mettant en lumière tellement d’invariants humains que c’en devient vertigineux.

Jeudi 03/07/2025 Après quelques jours d’infidélité, je retrouve le train, et cela pour la dernière fois cette année. Ces quelques lign...