Lundi 31/03/2025
Les recherches généalogiques sont un livre d’aventures à taille réelle. Parmi des dizaines, des centaines de vies dont on ne sait rien ou presque, certaines sont extraordinaires et font une large place au rêve. Ainsi du côté de ma grand-mère maternelle, le dénommé Eugène Fenech eut un destin hors du commun. Sa famille avait fui Malte à l’arrivée des Anglais, car jugée trop proche des révolutionnaires français débarqués en 1798. Il avait grandi en France, sur le littoral méditerranéen et était devenu médecin militaire, suivant les troupes napoléoniennes sur divers champs de bataille. Il avait humilié Masséna, croisé la mère de l’empereur. Puis, il avait voulu planter du coton en Corse, avait créé l’hôpital militaire de Bône en Algérie, au tout début de la colonisation. Ce personnage extraordinaire m’est toujours apparu comme un homme intègre, positif, ouvert, en accord avec mes valeurs. Mais lorsque je vois qu’il est aussi l’ancêtre d’un Fenech actuel, homme politique très conservateur, voire d’extrême droite, je me dis que lui aussi doit le trouver à son goût, et donc imaginer la même proximité que moi. L’histoire est toujours perçue et retranscrite avec le filtre de notre conscience.
Mercredi 02/04/2025
Reprise du carnet après un trajet en voiture hier… et toujours cette question : pourquoi écrire ? Il y a peut-être qu’à cinquante ans bien passés, un embryon d’ambition m’est apparu, en tout cas une petite conscience que je peux faire quelque chose. C’est que cette notion d’ambition m’est réellement totalement étrangère. J’ai toujours voulu réussir ce que je faisais, j’avais à cœur de montrer que j’étais capable, mais franchir le pas de passer devant les autres, de prendre une place, de me sentir suffisamment supérieur à autrui, ou suffisamment « capable » pour prendre une responsabilité dont je me sentais indigne, cela je n’ai jamais pu le faire. Encore à présent, cette idée d’ambition m’est absolument étrangère, à peine ai-je à présent envie de montrer ce que je fais. Ainsi, j’ai vu mes amis, collègues et confrères se construire des parcours prestigieux avec les mêmes moyens que les miens, mais je n’en éprouve aucune jalousie et suis ravi de cultiver mon jardin, modestement mais joyeusement.
Jeudi 03/04/2025
Depuis que je publie ces pages sur un blog, j’ai eu quelques retours qui parfois m’émeuvent profondément et me confortent dans mon entreprise, sans flatter une quelconque « ambition » (voir les lignes d’hier). Il y a mêmes des témoignages touchants d’émotions ressenties à mes écrits. Cela me semble proprement extraordinaire, étonnant, et j’en éprouve une sorte de contentement, voire de ravissement, qui m’encourage à poursuivre. Ainsi donc, avec les mêmes doutes sur la qualité de mes écrits, je vais continuer à rédiger ces quelques lignes par jour, et à exprimer ce qui m’habite, me hante, m’indigne ou m’enchante. C’est un plaisir intense que je sais à présent un petit peu partagé.
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