jeudi 26 juin 2025

 Jeudi 26/06/2025


L’eau… l’eau est retombée aujourd’hui, et cela faisait longtemps qu’il n’avait pas plu. Cette eau-là était la bienvenue, elle a fait baisser les températures au petit matin, elle a abreuvé les plantes assoiffées, elle a rafraîchi les visages et les corps qui se pressent sur les trottoirs. Et c’est la même eau qui nous soutient en suspension, sous le soleil méditerranéen et au milieu d’un doux clapotis, dans ces petites criques entourées de rochers blancs, des calanques à la mer Égée, de Majorque à la Corse. C’est la même eau dans laquelle je jouais, tout petit, dans le vallon de Saint Barthélémy, à Salernes, et qui m’obéissait au gré des petits barrages que j’y faisais ou des canaux dans la boue qui irriguaient de minuscules bassins me paraissant des lacs. C’est cette même eau qui me trempait de la tête aux pieds, lors de ces mois de juin de mes années d’école primaire, comme je l’ai déjà raconté, lorsque nous faisions avec un ami de longs allers-retours entre nos maisons, sous la pluie d’été bienfaitrice. C’est cette même eau qui donne son parfum lourd au bitume dans la chaleur estivale, ou leur odeur fongique aux feuilles d’automne qui pourrissent sous les platanes. L’eau de Bachelard, symboliquement profonde, l’eau de source qui nous engloutira, l’eau bénite, l’eau de vie, l’eau essentielle, l’eau primordiale.

lundi 23 juin 2025

Lundi 23/06/2025


Hier, nous avons vu Avignon, au cinéma, une jolie comédie dont l’histoire s’inscrit pendant le festival et aborde les affres que peut connaître une troupe en venant jouer dans la Cité des Papes. Outre un scénario sympathique digne d’une bonne comédie (qui d’ailleurs pourrait se jouer au théâtre…), il y a une vision très juste de la vie avignonnaise pendant le mois de juillet, et sur le rapport que la ville entretient avec le théâtre. « On vit mille vies » dit un personnage à un moment, et c’est exactement cela. Avignon met son masque de comédie dès les premiers jours de juillet, l’austère et belle ville papale se transforme en Arlequin l’espace d’un petit mois, avec ses guenilles multicolores et ses faux-semblants qui font rire et pleurer à la fois. Mais elle devient aussi la cité de la vérité mise en scène, de la catharsis par le rire et les larmes. C’est tout un monde concentré, la comédie sociale en miniature, avec ses acteurs, son hypocrisie et ses coups bas, mais aussi avec ses espoirs foisonnants, cette joie d’être rassemblés pour le meilleur et pour le pire, mais rassemblés. Et puis, au milieu de la foule d’Avignon, du foisonnement d’affiches et de théâtres ouverts dans les lieux les plus improbables, on imagine mille histoires, mille intrigues, mille sentiments, mille univers… On a bien l’impression de vivre les « mille vies » du film. C’est cela le grand souffle d’Avignon !

samedi 21 juin 2025

 Vendredi 20/06/2025


Pour une fois, je ne publierai pas les quelques lignes rédigées ce vendredi… Après relecture, elles me semblent ineptes, sans aucun intérêt. Il est toujours difficile d’apprécier ce qu’on a écrit à chaud, mais là, la sentence est immédiate et sans appel : cela n’a aucune valeur ! On pourrait rédiger tout un paragraphe sur ce jugement, mais je ne vais pas tricher et je me tiendrai à la règle : ne publier que ce qui a été écrit pendant le trajet en train.

jeudi 19 juin 2025

Jeudi 19/06/2025


Petite fiction aujourd’hui…

Lucie errait dans les rues de la grande ville, un peu au hasard, un peu pour fuir. Pour fuir quoi ? Elle ne savait pas très bien, ou plutôt c’était complexe. Elle fuyait son petit appartement donnant directement sur un autre appartement habité par un couple en tous points semblable au sien, elle fuyait le vide du foyer où, depuis des années, elle faisait face à celui qui devenait peu à peu l’incarnation d’un ennemi placide et sournois. Elle fuyait le vide. Au hasard des rues, elle parvint devant la façade néoclassique du musée de la ville. Sans trop savoir pourquoi, elle décida d’entrer, peut-être par curiosité, elle n’y était jamais allée, peut-être parce que c’était le contraire d’un bâtiment vide, il devait être plein, plein de quelque chose. Elle erra un peu dans le hall, dans les couloirs, puis commença à arpenter les salles, à voir de quoi était plein cet antre inconnu. Elle voyageait d’un paysage de montagne à une scène intimiste, d’un salon bourgeois empli de plantes à une mer encombrée de navires. Et puis elle se figea. Devant elle, un désert brûlant offrait ses dunes à l’infini. Il n’y avait rien d’autre, rien d’autre que ce petit point dans la fournaise, là-bas à l’horizon. Elle s’approcha, s’approcha. Le gardien du musée aurait juré qu’une femme était entrée, mais il ne l’avait jamais vue ressortir. Il chercha bien un peu, puis se résolut à fermer, il était dix-huit heures.


 Mercredi 18/06/2025

Revenons sur ces trajets passés à griffonner rapidement quelques phrases. Un coup d’œil à travers la vitre du train me fait percevoir la réalité comme une continuité floue qui disparaît dès qu’elle est apparue. C’est évidemment une formidable métaphore de notre vie. « Formidable » au sens étymologique du terme, car elle en semble le calque de manière étonnante, mais aussi car elle peut apparaître comme assez effrayante. La vie rapide et la disparition étroitement liées, la chute dans l’oubli de ce qui faisait notre intérêt… C’est probablement ce qui a dû déclencher cette envie d’écrire dans le train au cours de ces brefs trajets, cette analogie profonde du déplacement et du temps qui passe. La quantité de souvenirs et d’écrits sur un passé plus ou moins lointain montrent bien ce lien avec le cours du temps, de la vie qui passe, riche, dense, mais qui passe...Et dans le même temps, dans cet écoulement, pendant ces trajets, je suis immobile et j’ancre ces moments dans un présent intangible.

mercredi 18 juin 2025

Mardi 17/06/2025


Peut-être l’ai-je déjà rapporté dans ces quelques lignes quotidiennes, je ne sais plus… Il commence à y en avoir beaucoup. Si ce n’est pas le cas, voilà un des souvenirs marquants qu’il me reste de mon père. En tant qu’aîné, j’ai dû avoir droit à un traitement spécial, aussi avait-on quelques rites qui nous appartenaient à tous les deux. L’en d’entre eux était d’aller, le week-end, voir le match de rugby qui opposait Dieulefit à un club de la région, le plus souvent drômois ou ardéchois. A l’arrivée, il y avait d’abord l’odeur d’herbe coupée, humide, fraîche, qui se mêlait à celle de cette terre noire et grasse qui part en mottes entières, comme labourée par une charrue primitive. Et puis venait le match, ou plutôt une mêlée infâme de quatre-vingts minutes, sauvage comme le rugby de village, aux règles aléatoires, aux bagarres moins aléatoires, les corps fumaient, ça éructait, ça grognait… A la mi-temps, mon père m’emmenait à l’une de ces buvettes des années soixante-dix, en fine plaque de béton, et il me commandait systématiquement un Orangina, dans ces bouteilles à la panse arrondie et rugueuse. J’étais au paradis, c’était « mon » moment, la grande complicité avec mon père. J’ai encore dans la bouche le goût de cette boisson. Ensuite nous repartions regarder la seconde mi-temps et j’en profitais pour faire des acrobaties sur l’une des barres métalliques blanches entourant le terrain. Le dimanche se poursuivait à la maison, avec le poulet-frites traditionnel et les occupations de fin de week-end. Bonheurs et goûts d’enfance.

lundi 16 juin 2025

 Lundi 16/06/2025

Retour d'un week-end encore dense, chargé, plein de réjouissances et de rires. Mais avec cette chaleur, tout semble englué, lourd. Tout effort devient difficile, on a l'impression de soulever un poids de fonte chaque fois qu'on lève un pied. C'est une sensation mitigée, à la fois agréable, celle d'une chaleur enveloppante annonçant l'été, ses déplacements comptés et les moments passés sur des plages brûlantes entrecoupés de baignades dans l'eau tiède ; et en même temps pénible, parfois, à la limite du malaise, la tête comme une cloche dont le battant vient heurter les tempes régulièrement, le dos dégoulinant de sueur. Il est toujours curieux de voir à quel point nous attendons ces moments estivaux, et à quel point ils nous deviennent presque insupportables lorsque nous les vivons. Perpétuel balancier de l'attente et de la réalisation, perpétuelle insatisfaction qui nous donne envie d'avancer, perpétuelle frustration qui nous pousse à l'assouvissement. Mais cette tension, pour rester supportable, doit toujours s'appuyer aussi sur le plaisir de l'instant, la conscience aiguë de tout le prix du kairos.

vendredi 13 juin 2025

 

Vendredi 13/06/2025


Plus il fait jour le matin et plus il y a de gens dans la rue à des heures où il n’y avait pas grand monde auparavant. Le phénomène est curieux (pourquoi l’activité s’intensifie-t-elle avec plus de lumière ?…) mais compréhensible. Cela a pour conséquence que le matin, sur le chemin de la gare, on croise de plus en plus de monde, de plus en plus de visages, d’expressions, de personnalités. Et c’est une chose qui m’a toujours émerveillé, voire fasciné. J’ai voyagé dans de nombreux endroits, parfois très peuplés comme l’été dans les pays méditerranéens, comme à Paris, New-York, les grandes métropoles américaines, du Pérou ou d’ailleurs, un peu en Asie, et à chaque fois on croise des centaines, des milliers de visages sans qu’aucun ne soit jamais totalement semblable à un autre. Cela me laisse pantois à chaque fois. Ce nombre incalculable d’individus, tous différents, est vertigineux. Et ceci ne concerne que leur aspect physique, le premier abord qu’on peut avoir de toutes ces individualités. Que dire du monde intérieur, complexe et infini, empli d’envies, de désirs, d’espoirs, de rêves, d’affects divers, de représentations du monde, qui se cachent derrière touts ces visages différents ? Dans ces foules anonymes du monde entier, comme le matin en allant à la gare, j’ai l’impression de traverser des galaxies où chaque individu serait un système à lui tout seul. Comment, dès lors, mépriser la moindre vie humaine comme certains peuvent le faire. Fascinant, vraiment !

mercredi 11 juin 2025

 

Mercredi 11/06/2025


Être adolescent est tout sauf l’expérience du « plus bel âge de la vie ». Ce « tout » est complexe et quantité de livres ont été écrits sur le problème, car c’en est un au sens quasi mathématique du terme. Il faut en effet résoudre plusieurs équations simultanément : comment se construire tout en trouvant sa place dans le groupe, dans la société, comment s’opposer pour être soi, tout en gardant son statut d’enfant que les adultes protègent ? Il est attendrissant et en même temps exaspérant de voir la manière dont les adolescents « font » leur place dans le collège où je travaille. C’est un jeu perpétuel d’affirmation de soi et de volonté de se fondre dans la masse, de disparaître sans remous. Cela ne peut aller sans agressivité, violence parfois jouée, parfois réelle, car le malaise crée l’instabilité. Mais quoi qu’il arrive, pour ma part, je ne peux observer cela sans beaucoup de tendresse. Le passage est délicat, les choix sont maladroits, sous couvert de complexité les attitudes sont terriblement transparentes et prévisibles. Nous, adultes, pouvons être ulcérés par tant d’inconséquence, choqués, déçus parfois, et c’est notre rôle de rappeler les limites et d’indiquer la voie de la « sagesse », mais comment ne pas être touché et ému devant ces chrysalides qui se craquellent, devant ces mues, ces métamorphoses qui ne pourront que donner des papillons merveilleux, quoi qu’il arrive.


mardi 10 juin 2025

 

Mardi 10/06/2025


S’étourdir… Voilà un long week-end qui s’achève et qui nous aura permis de nous étourdir joyeusement. Nous étourdir de lumière et de grand air, d’abord avec une journée passée en sortie scolaire, sous le soleil de juin, entre les chênes verts et les vieilles pierres. Une journée à marcher, courir, visiter, à s’étourdir d’histoire et d’activités ludiques. Nous étourdir de spectacles ensuite, avec une densité de sorties qui annonce celle du festival d’Avignon : théâtre de rue, concerts, festivals, un étourdissement de musique et de rire. Nous étourdir de retrouvailles enfin, avec des amis retrouvés à chacune de nos sorties, des ami(e)s avec qui boire une bière ou partager un repas. C’est le genre d’étourdissement qui me sied tout à fait, un étourdissement « en pleine conscience », un étourdissement sans artifice, sans béquille, un étourdissement de tout l’être pleinement lucide, un étourdissement tellement plus satisfaisant que d’autres car obtenu à la seule puissance d’une connexion clairvoyante et naturelle avec la réalité. La vie ne vaut que par ce genre de griserie en toute lucidité.

vendredi 6 juin 2025

 

Vendredi 06/06/2025


Il est toujours curieux de voir dans les yeux des étrangers qui viennent chez nous ce regard ouvert, amusé, intrigué, curieux, interrogateur, parfois blasé ou scandalisé, mais toujours avec cet intérêt qu’une autre culture fait naître. Il y a douze ans, nous avions décidé de traverser de part en part les États-Unis, de la frontière canadienne au nord des grands lacs, jusqu’à la côte du Golfe du Mexique, en Louisiane. Et nous partîmes. Nous avons dû avoir ce même regard en traversant les villages amish, avec leurs calèches noirs garées sur les parkings des Mc Donald’s, leurs dames en bonnet blanc et robe noire désuète soufflant les feuilles avec un appareil électrique aussi bruyant que celui de l’ouvrier d’entretien de notre rue, leurs gars bien bâtis, au collier de barbe impeccable et au chapeau d’un autre siècle diriger leur tracteur vers une compétition de ces engins typiquement américaine… Nous avons dû avoir ce regard intrigué… Plus loin, à Cincinnati, levant les yeux vers ces « rues piétonnes suspendues », allant en hauteur d’immeuble en immeuble, nous avons dû avoir le regard émerveillé du touriste qui découvre un univers nouveau. Et que dire de notre découverte du Mississippi « depuis la digue » ? Une demi journée passée à rester embourbés au-dessus du grand fleuve en attendant la venue de trois dépanneuses de plus en plus grosses, qui s’embourbaient aussi, avant qu’un tracteur taille XXL nous sorte du bourbier, sous nos yeux mi-effrayés, mi-amusés de vivre pareille aventure en surplomb de grands échassiers s'ébattant sur des rives marécageuses. Le regard est une façon de percevoir la réalité et on peut dire qu’en voyage le regard « passe » parfois par les oreilles, comme lorsque nous avons entendu en boucle la voix du King, sur « Radio Elvis », près de Memphis, ou comme ce rock country écouté dans un bar à Nashville, ou encore comme ce jazz des rues à La Nouvelle Orléans. Nos yeux et nos oreilles ont dû alors paraître bien ouverts aux autochtones durant ce road-trip !

jeudi 5 juin 2025

 

Jeudi 05/06/2025


Ces jours-ci le sport français nous apporte des joies collectives, une tension positive aux conséquences réjouissantes, grâce à des spectacles qui font plaisir à voir et à la satisfaction de résultats valorisants. La réussite de nos sportifs par une identification factice, peut-être, mais indiscutable, semble rejaillir sur le moral de chacun des membres de cette communauté d’histoire, de destin, de disputes et de réconciliations, de drames et d’émotions, qu’on appelle le peuple français. « Communauté », « peuple », c’est bien de cela qu’il s’agit en ce moment où sans raison valable autre que l’ambition de quelques uns à vouloir dominer les siens et les autres, les haines se déchaînent, les violences sont libérées comme la guerre du tableau de Rousseau. Le mot « ensemble » me paraît le maître mot de l’époque : il est l’idéal nécessaire auquel nous n’avons pas d’autre choix qu’aspirer, il semble être ce qui hante les esprits sans toujours se manifester clairement, il sert de repoussoir pour tout ceux qui ont intérêt à diviser ou qui préfère se laisser aller avec facilité au repli sur soi, d’autant plus douillet qu’il est protégé par la « communauté », un « ensemble » paradoxalement compris comme un obstacle au bonheur individuel, alors que, comble de l’ironie, il en est la clef. « Ensemble » est le ciment et le terme de nos constructions collectives, « ensemble » devrait être notre unique objectif, et pourtant cet « ensemble » est aujourd’hui tellement facilement mis à mal. Vive le sport (français...) !

mercredi 4 juin 2025

 

Mercredi 04/06/2025


Certains souvenirs sont plus tenaces que d’autres, c’est logique et sain : nous ne pouvons pas tout garder en mémoire comme un héros borgésien, ce serait une souffrance abominable. Le tri est indispensable à notre survie mentale. Curieusement, il me revient à l’esprit ce petit matin, lorsque j’étais adolescent, en Espagne, dans la Mancha : nous nous étions arrêtés, avec notre mini camping-car, au milieu d’un pré de belle facture, à côté d’un abreuvoir où un robinet fournissait l’eau nécessaire à la vaisselle et à la cuisson des pâtes. La soirée était paisible sous le ciel limpide devant d’infinis moutonnements de collines pelées. Il ne manquait que les moulins du Quichotte. Deux ou trois des frères avaient dormi à la belle-étoile, sur des matelas posés à même l’herbe, près de l’abreuvoir. Et au matin, quelle ne fut pas notre surprise de nous réveiller entourés de plusieurs dizaines de moutons, serrés autour de nos couchages, nous englobant dans leur foule dense et chaleureuse ! Ces moutons étaient seuls, sans berger apparent, sans chien pour veiller sur eux. Leur proximité était à la fois apaisante et inquiétante, comme ce que je ressentais à la même époque quand il fallait me mêler à une foule.

mardi 3 juin 2025

 

Mardi 03/06/2025


Notre seconde fille a reçu hier les premiers résultats de Parcoursup, de ses affectations dans des établissements d’enseignement supérieur. Prise déjà à Aix et Lille, elle n’est pas sûre d’aller dans ces deux endroits, mais elle est sûre d’avoir quelque chose. Les sentiments sont mêlés, entre joie et fierté de la voir aborder une nouvelle partie importante de son existence, et pincement au cœur de la voir nous quitter… même si depuis un an ou deux elle menait une existence largement autonome à Avignon, depuis la maison. Elle fait partie depuis dix-huit ans de notre paysage affectif et matériel, elle nous est consubstantielle, et là, c’est la grande coupure qui s’annonce. Ce sera progressif, peut-être, elle reviendra souvent, puis moins, fera sa vie, mais nous allons nous retrouver à deux pour recommencer une vie de simple couple, plus libre, plus souple, une seconde jeunesse. Mais avons-nous eu réellement le temps de vieillir ? Cet épisode de vingt-cinq ans semble avoir filé comme un TGV, avec son lot d’événements pour la plupart heureux, parfois moins, mais toujours d’une grande richesse. Notre fille est prise en fac !

lundi 2 juin 2025

 

Lundi 02/06/2025


Quelques jours passés dans le sud du sud et nous voilà requinqués ! Nous avons fait le plein de ce qui nous paraît essentiel : la culture, le soleil, la mer, les proches. Deux expositions d’abord, d’œuvres datant des mêmes périodes : Niki de Saint Phalle à Aix et Dubufet à Giens. Si l’exposition sur Niki de Saint Phalle, dans l’écrin du XVIIIème siècle de l’Hôtel de Caumont, était d’un intérêt et d’une richesse qui ne nous ont pas surpris, malgré son caractère assez succinct, l’exposition au musée du Niel, à Giens, sur Dubuffet et ses contemporains, était une très belle surprise, montrant que cet art non pas réellement « brut », mais plutôt « direct », massif, sans apprêt, un art sans artifice, pouvait donner naissance à des œuvres parfois d’une grande finesse (on pense aux tableaux de Baya) et toujours d’une grande force expressive. Et puis ce fut la mer, tout le long de la côte varoise de Giens à Bandol, dans cette eau à peine fraîche, au grand soleil du sud qui vous chauffe sous la mince pellicule d’eau salée qui va et vient sur votre peau, au rythme d’une houle légère. Ces baignades ont toujours le don pavlovien de me transporter sur la plage où Meursault se laisse flotter entre deux eaux, entre deux oublis. Et puis il y eut les grands repas et les grandes discussions familiales, aux interpellations nombreuses, autant que les rires ou les indignations. Ce fut un avant-goût d’été, l’été de nos vies épanouies et lumineuses.

Jeudi 03/07/2025 Après quelques jours d’infidélité, je retrouve le train, et cela pour la dernière fois cette année. Ces quelques lign...