Mardi 27/05/2025
En ce matin printanier où une sinusite allergique n’empêche pas de sentir les odeurs fraîches et les parfumes subtils, il me remonte par les narines ces chocs olfactifs ressentis ici et là. Dès la descente de l’avion, dans certains pays d’Asie notamment, vous êtes pris par une puissante odeur qui vous accompagne tout le séjour, comme la couleur du ciel ou le parler des autochtones. Ainsi, en débarquant à New Delhi, une odeur lourde, presque écœurante me saisit un jour, odeur de transpiration mêlée d’encens passé, d’épices trop chargées, rien de très agréable, plutôt un remugle puissant qui ne vous quitte plus, où que vous alliez, où que vous soyez. En Israël, dans le jardin d’un kibboutz au-dessus du lac de Tibériade, une fleur de tiaré enchanta nos narines, nous transporta non pas « loin », mais « profondément » dans un bain de douceur et d’harmonie. En Corse, le parfum des immortelles au grand soleil d’été nous remuait l’âme, nous attirait à travers les herbes rases de la plage de Saleccia comme le joueur de flûte de Hamelin. Une distillerie de whisky d’Écosse exhalait tellement l’odeur douceâtre de la liqueur de malt qu’on en était presque incommodé… ou incité à déguster le précieux nectar. Par l’évanescence des sensations qu’elles offrent, les odeurs procurent un plaisir proche de celui que fait naître la musique, les représentations géométriques intérieures en moins.